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Chose promise, chose due, je vous livre tres certainement l un des derniers actes de "Nadine en voyage" Un peu difficile de resumer 40 jours de mer, alors voici quelques extraits de tranches de vie oceanique. "C est pas l homme qui prend la mer, c est la mer qui prend l homme," moi, elle m a prise un samedi 2 Avril. Ushuaia, le soleil est au zenith, le ciel du grand sud est d un bleu limpide, belle journee pr larguer les amarres, prendre la mer. Je suis a bord de Vaihere, "petit voilier" de 25 metres, goelette en acier taillee pour de grandes aventures... Eric, Nicolas et Claude sont les parents de Vaihere. Tous 3 amoureux de la mer et des grands espaces. Fraichement acquis, ils extirpent Vaihere des Tropiques pour lui faire gouter aux plaisirs des glacons, icebergs, growler... Apres la premiere saison en Antartique, il faut aller rejoindre le grand Nord. Il est l heure de commencer la remontee En route pour ma premiere transatlantique, 6 600 milles nautiques au programme avant de toucher la premiere terre, quitter les 50 rugissants Sud pour rejoindre les 40 Nord, ceux des Acores, prochaine escale et ce, avant de filer vers les 80 degres Nord! Retour sur l equipage; Henri,le doyen du bord, apres une vie professionnelle bien remplie, il s organise pr vivre au gre de ses passions... Manu,notre immigre du bord, portugais de surcroit!(pas facile ts les jours...hein Carlos & Co!!!), photographe, specialiste du stiro, l isolation n a plus de secret pr lui... Bruno,basque ayant troque son beret pour le ti-punch martiniquais, c est le specialiste des hauts voltages et de la haute voltige! ( clin d oeil tt particulier car c est un peu grace a lui que je me suis retrouvee a bord) Julien, parisien en "break", quelques mois qu il sillonne l Amerique latine. Il est vrai que prendre un peu de recul face a nos vies "trepidantes", lever la tete du guidon, ce n est pas moi qui critiquerait une telle decision! Il est le premier espoir du bord pour arriver aux Acores avec des daurades plein les poches...a suivre Et voila, j embarque en tant que 8 moussaillon La cordilliere s estompe, les sommets de Darwin s eclipsent, la lumiere est argentee...belle image pr faire mes aurevoirs au continent sud-americain (...) Samedi 10 Avril, quelque part au milieu du desert bleu Deja une bonne semaine que nous avons quitte "el fin del mundo". Le rythme des quarts me plonge dans un rythme bien different de celui du quotidien terrestre. Ma vie s articule autour de mes 3 heures de quart qui se repetent inlassablement nuit et jour. Mon organisme a du mal a trouver ses reperes. A peine le sommeil trouve qu il faut a nouveau s extraire de sa banette, de son duvet tt chaud, la releve attend, dehors il fait froid, le vent souffle, la barre ettend son nouveau dompteur. Tres vite, seule a la barre,je decouvre un autre silence,celui de l ocean. Silence trouble par les bruits familiers de Vaihere, le glissement de l eau sur la carene,le tintement des greements, le claquement des voiles parfois deventees par un vent capricieux. Le temps s ecoule comme les milles sous la coque, deja 1500 milles avales et des images plein la tete. Une image qui restera ds mon esprit est celle de cet albatros geant qui m a accueilli a mon premier reveil, mon premier matin a bord de Vaihere. Je monte les marches, je passe la tete dehors, il est la, juste en face de moi. Il suit le bateau, a peine qqs battements d ailes, c est un albatros royal ou albatros geant, plus de 3m d envergure. Magnifique vol pr me souhaiter la bienvenue a bord de cet immense ocean, encore en plein coeur des 50 rugissants. Depuis un semaine,ces magnifiques marins des profondeurs hauturieres nous accompagnent. Rares sont les moments ou je les vois battres des ailes, ils planent, ils jouent, ils surfent sur les vagues, plus la mer est dechainee et plus ils sont heureux. C est beau Je suis loin de l agitation des quotidiens anciens... Je m ennivre de cette fabuleuse houle, combien mesurent les vagues? 6, 7 metres, plus...je me sens bien petite... (...) Mercredi 14, bientot 3 jours que nous n avancons qu au moteur. Le vent de N.NW ne ns est pas favorable. Il nous fait front et nous empeche de suivre notre route seulement sous toiles Hier, superbe rencontre. Alors que j etais seule dans le cockpit, je suis surprise par un enorme souffle, je tourne la tete en direction de ce sifflement et la, surprise, une baleine. Elle est a peine a 5 metres du bateau. Je jette mon livre et me mets a hurler "une baleine, une baleine" telle une enfant. L equipage arrive en trombe sur le pont. Nous guettons l horizon, ou va-t-elle resurgir. Nous l attendons tous sur babord quand tt a coup elle surgit sur tribord. L excitation est a son comble. Elle est immense. 15, 18 metres, personne ne peut dire exactement. Elle est ventrue, elle fend l eau avec une telle douceur. Elle joue avec nous...tout a coup un second souffle. Elles sont maintenant 2. Magique! Le soir venu, on se plonge ds les livres du bord pr savoir quel type de baleine. Hesitation, ce ne peut-etre une baleine franche car la particularite de celle-ci est l absence d aileron, or nos 2 amies en possedaient. Par contre l autre particularite des baleines franches est leur souffle, elles possedent 2 jets, exactement comme les notres! On se reporte alors sur la baleine Humpback. Ca ne colle pas non plus!!! Tant pis, le mystere demeurera, peu importe, la surprise, l emotion, la beaute de ces instants me suffisent amplement. Au diable l identification! (...) Samedi 17, les jours defilent et ne se ressemblent pas. La vie a bord prend un autre rythme. Le pilote automatique commence a prendre du service, les grands travaux se profilent a l horizon, isolation, decoupe du stiro,reamenagement complet d une cabine...bref, Vaihere prend des airs de bateau-chantier Cette nouvelle organisation laisse un peu plus de temps libre. Aussi, l heure de la peche a sonne. Nos 2 specialistes, Julien et Henri affinent chaque jour l art de la peche a la traine. Les rapalas sont tous de sortie.Des tresors d imagination sont deployes par nos 2 comperes, la competition est rude! Toujours rien!!! Selon Henri, nous sommes encore trop bas! Il faut attendre de quitter les 30....et vla ti pas qu a peine sortis de ces derniers, c est l effervescence a bord. A l heure du soleil levant, hourra, le premier poisson!!!Il s agit d un thon, a peine la premiere ligne remontee que la seconde tire...2 thon...2/0 pour Henri, la tension monte... Journee caniculaire,mer d huile,petole, l heure de la baignade est venue. Nous arretons les moteurs, attendons que le bateau se stabilise et PLOUFF, tt le monde a l eau. la grande bleue est magnifique, l eau est d une clarte impressionnante. Apres ces quelques brasses dans cette piscine geante,il est l heure de l apero: biere face a un superbe coucher de soleil. Nous sommes tous sur le pont, le ciel est particulierement degage, nous guettons le rayon vert...seul Henri le verra...fruit de son imagination ou 7 aveugles a bord...autre mystere! Diner pantagruelique, tartare de thon au menu! Merci les pecheurs (...)
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